Démarche artistique
Mon travail aborde les lieux, l’empreinte du temps, l’écologie et la connexion entre l’humain et son milieu naturel ou bâti.
J’explore les liens qui unissent les individus, les environnements, ainsi que les forces visibles et invisibles qui façonnent nos relations avec le monde.
Il s’appuie sur une observation de longue date du rapport entre les environnements construits et la matière organique et témoigne des expériences qui ont façonné mon parcours personnel, de mon lien subtil avec les éléments non humains. Relation qui s’est développée à travers mes métiers passés et mes sources d’inspiration, enrichissant ainsi ma perception de la vie.
Je m’inspire de mémoires enfouies ou imaginaires, de ce que je ressens physiquement, des éléments que j’observe dans un lieu défini ou au quotidien et qui infusent en moi. De par ma vulnérabilité vis-à-vis de ce qui nous entoure, mes créations sont tels les pouls de notre société, des vibrations sociétales.
La vie de corps
Je ressens que les corps (bâtis, végétaux, minéraux, humains, animaux), les structures de notre société, sont actuellement disloqués, déconstruits. Mes œuvres témoignent de leurs souffrances et interrogent sur les moyens de les réparer. J’exprime des états entre vitalité et déclin, entre destruction et guérison, entre vie et mort et viens greffer les lambeaux de corps, reconstruire les débris de nature, recomposer les fragments d’architecture, tisser du lien entre les vivants.
J’étudie de quelle façon l’interrelation entre l’humain, le non humain, les lieux habités, les espaces naturels offre un potentiel de soin, de transformations mutuelles et ouvre vers la possibilité d’une nouvelle vie.
Mon processus de fabrication par couches successives de pensées et de matières (maille d’acier, corde, toile de lin, pigment, terre) brouille les frontières entre le végétal, le minéral, l’organique, suggère le temps passé, l’histoire fictive ou réelle des lieux, des corps, des organes et les strates qui les ont façonnés.
Je ressens que notre monde a besoin de se connecter à cette densité, à une épaisseur telle celle d’une paroi rocheuse, car nous agissons, guidés par des images qui défilent, des écrans sans profondeur., l’isolement. Ma posture est autre puisque mes peintures, sculptures, argiles évoquent la construction, la vie en transformation, la durabilité des relations entre les êtres, les corps. Elles questionnent sur comment reconnecter nos vies à la biosphère et ainsi fabriquer des connexions profondes et significatives de toutes sortes.
Mes créations sont tels des corps environnementaux dont je tisse, tresse, noue l’âme pour suturer, réunifier les organes démembrés, les fragments.
Elles sont le fruit d’une méditation active telle la pratique équestre, et leurs teintes réminiscentes des retables suggèrent cette dimension spirituelle.
Mon travail aborde les lieux, l’empreinte du temps, l’écologie et la connexion entre l’humain et son milieu naturel ou bâti.
J’explore les liens qui unissent les individus, les environnements, ainsi que les forces visibles et invisibles qui façonnent nos relations avec le monde.
Il s’appuie sur une exploration de longue date du rapport entre les environnements construits et la matière organique et témoigne des expériences qui ont façonné mon parcours personnel, de mon lien subtil avec les éléments non humains qui nous entourent. Relation qui s’est développée à travers mes métiers passés et mes sources d’inspiration, enrichissant ainsi ma perception de la vie.
La vie de corps
Je m’inspire de mémoires enfouies ou imaginaires, de ce que je ressens physiquement, des éléments que j’observe dans un lieu défini ou au quotidien et qui infusent en moi. De par ma vulnérabilité vis-à-vis de ce qui nous entoure, mes créations sont tels les pouls de notre société, des vibrations sociétales.
Je ressens que les corps (bâtis, végétaux, minéraux, humains, animaux), les structures de notre société, sont actuellement disloqués, déconstruits. Mes œuvres témoignent de leurs souffrances et interrogent sur les moyens de les réparer. J’exprime des états entre vitalité et déclin, entre destruction et guérison, entre vie et mort et viens greffer les lambeaux de corps, reconstruire les débris de nature, recomposer les fragments d’architecture, tisser du lien entre les vivants.
J’étudie de quelle façon l’interrelation entre l’humain, le non humain, les lieux habités, les espaces naturels offre un potentiel de soin, de transformations mutuelles et ouvre vers la possibilité d’une nouvelle vie.
Mon processus de fabrication par couches successives de pensées et de matières (maille d’acier, corde, toile de lin, pigment, terre) brouille les frontières entre le végétal, le minéral, l’organique, suggère le temps passé, l’histoire fictive ou réelle des lieux, des corps, des organes et les strates qui les ont façonnés.
Je ressens que notre monde a besoin de se connecter à cette densité, à une épaisseur telle celle d’une paroi rocheuse, car nous agissons, guidés par des images qui défilent, des écrans sans profondeur, l’isolement. Ma posture est autre puisque mes peintures, sculptures, argiles évoquent la construction, la vie en transformation, la durabilité des relations entre les êtres, les corps. Elles questionnent sur comment reconnecter nos vies à la biosphère et ainsi fabriquer des connexions profondes et significatives de toutes sortes.
Mes créations sont tels des corps environnementaux dont je tisse, tresse, noue l’âme pour suturer, réunifier les organes démembrés, les fragments.
Elles sont le fruit d’une méditation active telle la pratique équestre, et leurs teintes réminiscentes des retables suggèrent cette dimension spirituelle.
Texte écrit par Pauline Lisowsky, 2024
Construire, réparer, restaurer la vie de corps
Le travail artistique d’Aude Borromée découle d’un cheminement profond, de connexions de son corps avec un support et des matériaux de l’ordre de la construction. C’est d’abord par la peinture que l’artiste exprime des souvenirs et des images marquantes lors de marches attentives à l’environnement. Dans ses toiles, les couleurs se rencontrent dans un processus de stratification, de recouvrement, telle l’expression de la fragilité des milieux que nous habitons et d’une certaine vitalité : celle de l’urgence d’agir. Une ruine architecturale apparaît, esquissée à l’encre, des fragments de bâtis, un monde en proie à un phénomène dévastateur.
Le corps, qu’il soit humain, animal, végétal, architectural, est au centre de sa démarche artistique. L’artiste dialogue avec son matériau, un grillage malléable et rigide à la fois. Par ses gestes de plis et de torsions, elle fait émerger un volume, tel un corps à partir duquel des images d’organismes vivants, de paysages, de formations géologiques peuvent surgir. Elle emploie avec une grande liberté la corde d’un millimètre de diamètre, développe un vocabulaire de nœuds et de torsions, avec lesquels elle crée des interactions avec le grillage. Ces deux matériaux, tous deux liens, semblent s’apporter l’un l’autre ou avoir besoin l’un de l’autre. Ses sculptures sont semblables à des structures qui se tiennent tout en étant à la limite de s’effondrer. Elles évoquent un processus de vitalité, de réparation, de prolifération.
Dans certaines œuvres en volume, la corde tissée, liée, nouée est à l’image d’un être vivant en train de coloniser un espace naturel, un milieu (Lichens). Dans d’autres, la maille construit des excroissances ou bien des cellules (Abris). Dans d’autres encore, des formes font penser au modelage d’une matière naturelle. Un processus de transformation, de régénération se donne à voir, comme si la nature rencontrait le bâti. Un mouvement entre ouverture et fermeture, entre extension et compression, telle l’expression d’un souffle vital se ressent face à ses œuvres… Une dimension pariétale, une énergie, des forces telluriques s’expriment également.
L’artiste tend à poursuivre le phénomène de métamorphose au sein de ses œuvres. Elle enveloppe ses sculptures et crée leurs empreintes, témoins d’une situation, d’une posture, d’une interaction, d’une présence avec un milieu, de traces incarnant le passé d’un territoire.
Dans la série d’œuvres Corps architecturés et leurs vestiges, Aude Borromée confronte une plaque d’acier laquée et un grillage, inséré dans une ouverture. Par une diversité de points réalisés avec sa corde, la sculptrice fait naître et grandir un conglomérat de matières. Une nouvelle peau recouvre ce fragment architecturé. Ces sculptures expriment la restauration, le travail de l’homme ou la croissance de végétaux qui s’agrippent entre eux et renforceraient ainsi une façade dégarnie. Inspiré de reliques ou d’autels, un pendant constitue le vestige sublimé, la mémoire d’un résidu témoin d’une histoire. Ce travail artistique s’apparente à une tentative de préserver ce qui a été et d’offrir un soutien à cet élément fracturé.
Ses œuvres en terre donnent à voir l’émergence de constructions, de chantiers de reconstruction. Elles constituent un ensemble, tel un village en devenir…
En somme, les œuvres d’Aude Borromée suggèrent une vie en latence, un état entre ruine et reconstruction, un cycle de transformation, un devenir. Elles font corps avec l’espace qui les accueille.
